L’application est en ligne. Après des mois de développement — en grande partie construite en « vibe coding » avec une IA —, FlashDeal est publiée sur le Google Play Store et téléchargeable par tout le monde. Je devrais être content. Sauf qu’en réalité, le plus dur commence maintenant.
Une application de proximité ne vaut rien… sans proximité
Le principe de FlashDeal est simple : des particuliers publient des offres à durée limitée près de chez vous — un billet de match en trop, un meuble à récupérer ce soir, une place de concert qui se libère — et vous les découvrez avant qu’elles n’expirent.
Le problème est structurel : un deal à 300 km ne sert à rien. Ce qui compte n’est donc pas le nombre total d’utilisateurs, mais leur densité au même endroit. Mille personnes réparties dans toute la France : aucune valeur. Deux cents personnes dans la même ville : l’application devient utile immédiatement.
C’est le classique problème de la poule et de l’œuf, en version géolocalisée : sans vendeurs, pas d’acheteurs ; sans acheteurs, personne ne publie. Il faut amorcer la pompe quelque part, et ça ne se fait pas tout seul.
Des besoins évidents… mais éparpillés
Les situations où FlashDeal serait immédiatement utile ne manquent pas. Deux exemples parlent à tout le monde :
- Les événements. Un billet en trop, un empêchement de dernière minute : l’offre expire au coup d’envoi, et sans acheteur à proximité immédiate, la place est perdue.
- Les fins de séjour en camping. Le fameux parasol — ou la table pliante, ou le barbecue — acheté sur place et abandonné faute de place dans la voiture. Chaque samedi d’été, du matériel en parfait état part à la benne pendant que la famille qui arrive le lendemain rachète le même en grande surface. Deux cents mètres et deux heures d’écart.
Le besoin est réel. Le problème n’est donc pas de le créer, mais de réunir au même endroit ceux qui l’ont. Et pour ça, aller distribuer des flyers devant un stade ou à l’accueil d’un camping serait coûteux, lent, et franchement peu efficace.
Là où la densité existe déjà : les groupes locaux
En y réfléchissant, je cherchais une densité géographique… qui existe déjà, toute faite, sur les réseaux sociaux. Chaque ville a ses groupes communautaires — « bons plans », « vide-greniers », « entraide », « tu sais que tu viens d’ici quand… » — qui rassemblent des milliers de personnes vivant au même endroit. C’est exactement la concentration que l’application recherche, et elle est déjà constituée.
Mieux : ces groupes font déjà le travail de FlashDeal, mais mal. On y voit passer en permanence des « je vends deux places pour ce soir », noyés dans le fil, sans compte à rebours, sans géolocalisation, sans réservation — et repérés trop tard. Le besoin n’est pas à créer : il est à outiller.
Un terrain que je connais : Ajaccio
Plutôt que de viser large, je préfère commencer par un endroit dont je connais les usages pour y avoir vécu : Ajaccio. La ville coche toutes les cases : un bassin de population resserré, une forte saisonnalité, et des groupes locaux de bons plans très actifs.
L’exemple parfait : l’Aiò Festival, qui se tient chaque été au Théâtre de Verdure du Casone (du 28 juillet au 2 août pour l’édition 2026, avec Jean-Louis Aubert, Vanessa Paradis, PLK ou encore Gims). Chaque année, des places s’y revendent à la dernière minute — un empêchement, un ami qui se décommande — et ces reventes se négocient aujourd’hui… dans les commentaires de groupes Facebook, à qui saura remonter le fil le plus vite.
C’est exactement le cas d’usage de FlashDeal : une offre datée, locale, qui perd toute valeur passé une certaine heure. Sur une semaine de festival, dans une ville de cette taille, on tient là un terrain de lancement idéal : assez concentré pour que l’application soit immédiatement utile, assez petit pour être couvert sans budget démesuré.
La méthode ? Surtout pas du spam. Il s’agit d’échanger avec les administrateurs de ces groupes, de leur proposer un outil qui règle un problème qu’ils constatent tous les jours (les annonces qui polluent le fil et les arnaques de dernière minute), et de laisser les membres juger. Si ça fonctionne à Ajaccio, le schéma est reproductible ville par ville — et c’est précisément ce qui rend la démarche crédible auprès d’un investisseur.
Développer seul, oui. Distribuer seul, non.
L’IA m’a permis de faire, seul, ce qui aurait demandé une équipe de développeurs. Mais elle ne négocie pas un accord avec une chaîne de campings, ne finance pas des flyers et une opération sur trois week-ends, ne monte pas un dossier juridique, et ne remplace pas un professionnel de l’acquisition qui sait ce qu’il fait.
Autrement dit : il me faut des fonds et des partenaires. Ce n’est pas une faiblesse à cacher, c’est une étape normale — et beaucoup de projets meurent précisément parce que leur créateur refuse de l’admettre.
Les démarches que j’ai engagées
J’ai donc commencé à frapper à des portes. Deux candidatures sont déposées à ce jour.
GreenBull & l’émission « Business ou Talent »
J’ai soumis ma candidature à l’équipe GreenBull, qui produit l’émission Business ou Talent. Le dossier est parti ; il est désormais entre leurs mains.

« Qui veut être mon associé ? »
Je me suis également inscrit sur la liste d’attente du bootcamp de Qui veut être mon associé ?, en vue des prochaines sélections. Là encore : une inscription, pas une sélection — mais il faut bien commencer quelque part.

Je ne me fais pas d’illusions : ces dispositifs reçoivent des milliers de dossiers et la probabilité d’être retenu est faible. Mais le coût d’essayer est nul, et l’exercice force à clarifier son projet — ce qui, à lui seul, vaut le temps passé.
Ce que je cherche concrètement
- Des administrateurs de groupes locaux (bons plans, entraide, petites annonces) prêts à laisser leurs membres tester l’outil — à Ajaccio en priorité, ailleurs volontiers.
- Un terrain pilote : un festival, un club, un camping, une association prêts à essayer sur un événement ou une saison.
- Des compétences complémentaires : acquisition, terrain, juridique, partenariats — ce que je ne sais pas faire.
- Un financement d’amorçage, modeste mais réel, pour couvrir une opération de lancement localisée.
Si l’un de ces points vous parle — que vous gériez un lieu, que vous ayez ces compétences, ou simplement une idée d’endroit où ça pourrait marcher — écrivez-moi. Et si vous voulez simplement voir à quoi ressemble le résultat :
La leçon de cette étape, je la retiens pour la suite : construire un produit est devenu la partie facile ; le faire adopter reste la partie difficile. L’IA a démocratisé la première. Elle n’a rien changé à la seconde.

