Cases de la déclaration de revenus pour les gains en bourse : 2DC, 3VG, 3VH, 2OP

Déclarer ses gains en bourse : lire son IFU et remplir les bonnes cases

Chaque printemps, la même angoisse revient : vous avez vendu des actions, touché des dividendes, et vous voilà devant votre déclaration sans savoir quoi mettre où. Bonne nouvelle : l’essentiel du travail est déjà fait pour vous, à condition de savoir lire un seul document — l’IFU. Voici comment le décrypter, quelles cases remplir, et les pièges qui coûtent cher.

L’IFU, le document qui contient tout

L’IFU (Imprimé Fiscal Unique, formulaires 2561 et 2561 bis) est le récapitulatif annuel que votre courtier met à votre disposition, généralement entre février et avril. Il résume tout ce que le fisc doit savoir sur votre année boursière :

  • vos plus-values et moins-values de cession de valeurs mobilières ;
  • vos dividendes bruts perçus ;
  • les prélèvements déjà effectués à la source (acompte d’impôt, prélèvements sociaux) ;
  • d’éventuels crédits d’impôt étrangers ;
  • et surtout : les numéros de cases où reporter chaque montant.

Autrement dit : votre courtier a déjà fait les calculs. Votre travail consiste à vérifier et reporter, pas à recalculer.

À quoi ressemble un IFU ? Trois exemples

C’est là que beaucoup se perdent : chaque courtier présente le document à sa façon. Le contenu est le même, la mise en page non. Voici trois cas concrets.

Chez un courtier français : l’IFU « officiel »

Le plus confortable : le document reprend directement la présentation de l’administration, avec les rubriques « plus-values et gains divers », la ventilation entre le barème et le prélèvement forfaitaire, et une section dédiée au PEA. Les cases de report sont indiquées noir sur blanc.

IFU d'un courtier français : rubriques plus-values et gains divers, gains sur valeurs mobilières, section PEA
Un IFU « format administration » : chaque ligne indique le montant et la case de destination.

Chez un courtier européen : le récapitulatif simplifié

Certains courtiers étrangers fournissent un récapitulatif maison, plus lisible mais qui ne mentionne aucune case fiscale. On y trouve la valeur du portefeuille au 31 décembre, les gains et pertes de cession, les dividendes bruts et le précompte retenu à la source. C’est à vous de faire la correspondance avec les cases.

Récapitulatif annuel d'un courtier européen : gains de cession, dividendes bruts, précompte à la source
Un récapitulatif clair… mais sans les numéros de cases : gains de cession, dividendes bruts et précompte sont à reporter manuellement.

Le CERFA 2561 bis : la version détaillée

Enfin, vous pouvez recevoir le formulaire officiel complet, qui identifie le payeur, le bénéficiaire, et détaille notamment les profits réalisés sur instruments financiers à terme. Dense, mais c’est la référence en cas de contrôle ou de désaccord.

Formulaire CERFA 2561 bis, déclaration récapitulative des opérations sur valeurs mobilières
Le CERFA 2561 bis : la version officielle et détaillée de l’IFU, à conserver précieusement.

Les cases à connaître

Voici les principales, celles qui couvrent l’immense majorité des situations :

CaseCe qu’on y met
2DCDividendes bruts perçus (avant tout abattement)
2CG / 2BHRevenus déjà soumis aux prélèvements sociaux (avec ou sans CSG déductible)
2TRIntérêts et produits de placement à revenu fixe
3VGPlus-value nette de cession de valeurs mobilières
3VHMoins-value de l’année (reportable 10 ans sur des plus-values futures)
8VL / 8UMCrédit d’impôt sur revenus de source étrangère
2OPOption pour le barème progressif (voir plus bas)

Le réflexe à prendre : si votre courtier est établi en France, ces montants sont en principe déjà préremplis. Ne les ressaisissez pas — vérifiez-les ligne à ligne contre votre IFU. En revanche, avec un courtier étranger, rien n’est prérempli : tout est à saisir vous-même.

Flat tax ou barème ? Le seul vrai arbitrage

Par défaut, vos gains sont taxés au PFU (« flat tax ») de 30 %, qui se décompose en 12,8 % d’impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux. Simple et prévisible.

Vous pouvez lui préférer le barème progressif en cochant la case 2OP. C’est intéressant si votre taux marginal d’imposition est faible (0 % ou 11 %), car les dividendes bénéficient alors d’un abattement de 40 %. Trois précautions, toutefois :

  • l’option est globale : elle s’applique à tous vos revenus de capitaux de l’année, pas seulement à ceux qui vous arrangent ;
  • elle vaut pour l’année entière et ne se choisit pas ligne par ligne ;
  • l’abattement pour durée de détention ne concerne plus que les titres acquis avant 2018, et uniquement avec cette option.

En pratique : le simulateur des impôts vous permet de tester les deux scénarios avant de valider. Faites-le, l’écart peut se chiffrer en centaines d’euros.

Quand faut-il remplir le formulaire 2074 ?

Le 2074 détaille le calcul des plus-values, cession par cession. Vous n’en avez pas besoin si votre courtier a déjà calculé la plus-value nette figurant dans votre IFU (le cas le plus courant). Il devient nécessaire quand : votre courtier ne fournit pas ce calcul, vous cumulez plusieurs comptes chez des établissements différents, vous devez imputer d’anciennes moins-values reportées, ou votre situation sort de l’ordinaire (titres reçus par donation, par exemple).

Les cas particuliers à ne pas oublier

  • Le PEA : tant que vous ne retirez rien, il n’y a rien à déclarer. Après 5 ans, les gains sont exonérés d’impôt sur le revenu — mais pas des prélèvements sociaux de 17,2 %.
  • Les comptes à l’étranger : tout compte ouvert, détenu ou clos hors de France doit être déclaré via le formulaire 3916, même s’il est vide et même si vous n’êtes pas imposable. C’est une obligation distincte de la déclaration des gains — et l’oubli coûte cher (voir notre article « ne pas déclarer ses comptes étrangers »).
  • Les cryptomonnaies : elles relèvent d’un régime à part, avec le formulaire 2086 et la case 3AN. Ne les mélangez pas avec vos actions.
  • Les revenus étrangers : dividendes de sociétés étrangères et crédits d’impôt passent par l’annexe 2047.

Les erreurs les plus fréquentes

  • Faire confiance aveuglément au prérempli. Les montants viennent de votre courtier ; une erreur de sa part devient la vôtre. Comparez systématiquement avec l’IFU.
  • Oublier de déclarer une moins-value. Une mauvaise année ne coûte rien à déclarer et vous fait économiser plus tard : les moins-values sont reportables 10 ans.
  • Cocher 2OP sans avoir simulé. L’option est globale : elle peut vous faire perdre plus qu’elle ne rapporte.
  • Confondre déclaration du compte et déclaration des gains. Ce sont deux obligations différentes : le 3916 pour l’existence du compte, les cases 2/3 pour les revenus.
  • Ne rien conserver. Gardez vos IFU et relevés : l’administration peut remonter plusieurs années en arrière.

En résumé

Déclarer ses gains en bourse n’a rien d’insurmontable : récupérez votre IFU, vérifiez les montants préremplis, reportez ce qui manque, arbitrez entre flat tax et barème, et n’oubliez ni vos comptes étrangers ni vos moins-values. Une heure bien employée, une fois par an.

Pour aller plus loin selon votre situation : déclarer ses gains eToro pas à pas, déclarer un compte Revolut ou N26, ou le cas des SCPI et de leurs revenus étrangers.


Cet article est informatif et ne constitue ni un conseil fiscal ni un conseil en investissement. La réglementation évolue chaque année : vérifiez les cases et les taux en vigueur sur impots.gouv.fr ou auprès d’un professionnel. Les captures d’écran proviennent de déclarations réelles, anonymisées, et servent uniquement d’illustration.